mardi 24 septembre 2013

TMBT Ultra Trail, Borneo



TMBT Ultra trail, Borneo
  Cette course a lieu dans la province de Sabah (plus connue sous le nom de Borneo), Malaisie. Elle nous donne le droit pendant 50km ou 100km de courir autour du Mont Kinabalu, à travers des champs de riz et autres légumes et la jungle.


Depuis le Manaslu Mountain Trail Race, j'avais vraiment envie de replonger dans une course 'dure' contrairement aux 'Ultras' en Thaïlande qui privilégient surement trop le nombre d'entrées au fun run et 10km/20km pour pouvoir proposer de véritables challenges. Du coup en Février dernier me voilà embarquer pour le TMBT 100k et ces 5200m de dénivelé positif et 4000m de descente.  Entre Février et Septembre, la préparation a été plutôt bordélique, sans véritable ligne de conduite. Le temps et les montagnes/collines me manquent vraiment. Cela s'avèrera finalement fatal le jour J. 4 courses jalonnent le parcours vers le TMBT: le North Face Thailand (100k sur des trails plutôt faciles où la chaleur est le principal adversaire, 13h38), Relentless Chiang Mai (une course de 12h sur un parcours de 4km, pour laquelle je m'étais inscrit pour 12h mais au bout de 5h le sommeil s'est immiscé violemment et j'ai préféré arrêter après 52km en 5h40, Columbia Trail Master (le meilleur trail en Thaïlande agrémenté d'un gros orage juste avant la course, 50k en 6h34) et enfin Bangkok Ultra Trail (50k en 5h40 en répétant 7 fois le même parcours, relativement ennuyeux mais bon entrainement à la chaleur).
Avant la course, l'inquiétude est grande. La fatigue accumulée au boulot et le manque flagrant d'ascension risquent de rendre la course encore plus dure qu'elle ne l'est déjà.


Premiere riviere
Il est déjà temps d'embarquer dans le bus qui nous amène au point de départ.
A cause du retard accumulé, les organisateurs font partir les 800 participants en même temps sur les mono traces... Apr
ès un premier pont suspendu congestionné, nous voilà face à la première difficulté (typique de la course) une montée sèche (100m de grimpette en moins de 500m)  sur de pierres humides et racines. La première rivière à traverser est déjà là, un courant fort, de l'eau jusqu'au bassin la couleur est annoncée (50min pour arriver au premier ravito situe a seulement 5km du départ). Nous suivons  la rivière jusqu'au ravito 2 dans une sorte de plat Népalais humide. Les vraies difficultés commencent juste après ce ravitaillement: 950m de montée et 585m de descente sur 12km. Après une énorme montée, nous nous retrouvons à jouer aux montagnes russes sur une crête entourée de champs d'ananas et de rizières avec une vue fabuleuse sur la base du Kinabalu et ces nombreuses cascades. Le rythme est relativement élevé et je commence à avoir des crampes (je ne comprends toujours pas d'où cela vient). Par la suite nous quittons les crêtes pour une longue boucle dans la jungle. A plusieurs reprises, je chute et n'arrive pas à me relever, les crampes en profitant pour me venir me déranger. Mes compagnons de course s'éloignent. Puis une énième chute me met à terre pendant plus 5min ce qui est relativement long quand on est seul dans la jungle et incapable de bouger.
A la fin de cette boucle exotique, je croise Jagjit, un compagnon de course au Népal, à presque 1h30 derrière après seulement 20km de course (et moi qui ai peur du nombre d'heure que je vais passer sur les chemins).  La descente jusqu'au 3eme ravito est vraiment belle, la vallée et les crêtes s'offrent à nos yeux.

Le 3eme ravito, où certains coureurs du 100k sont déjà en train d'attendre un bus après avoir abandonné est le début d'un très long épisode pluvieux ou plus précisément d'une tempête qui durera environ 5h. 5h durant lesquelles je suis arrivé à faire seulement 18 petits km: de très grosses montées sur des routes oscillant entre 10% et 20% et une partie mono trace qui est désormais un petit torrent. Je suis entièrement détrempé et espère arriver rapidement au 50k pour pouvoir me changer.  Cependant, de nombreuses chutes associées aux crampes et au fait que je suis complètement seul depuis longtemps (seul un Anglais navigue a +/- 5min au grès de nos arrêts respectifs), détruisent le peu d'optimisme qu'il me reste.  Je verrai au 50km  s’il est raisonnable de passer encore 10h sur les chemins de nuits.
Cretes
Malheureusement après une session de glisse dans une descente ultra boueuse, toute trace de volonté s'est évanouie. L'hôtel au 50km sera la fin de ma course. J'appréhende trop de passer la nuit complétement seul avec les crampes qui vont et viennent.
Il m'aura fallu 11:00 pour faire 50km! Le plus étonnant est que j'ai abonn
é en étant 37 sur plus de 200 cent bornards et que seulement 49 personnes sur 500 (coureurs du 100k et 50k) étaient déjà passés....
Cette course malgré tous les aléas était vraiment bien. Dans chaque village, beaucoup de gens curieux à la vue de ces tortues venaient à notre rencontre et cela permettait d'avoir un sourire figé sur nos visages (peut-être pas tout le temps quand même) et les paysages étaient vraiment fabuleux notamment sur les crêtes au début ou vers le milieu de la course quand la brume s'est échappée pour laisser place à une étendue de collines verdoyantes. TMBT est vraiment une course que je devrais refaire et finir.
Maintenant, place à un peu de repos/entrainement jusqu'au Columbia Trail Master en janvier et North Face 100 en Février, avant certainement une nouvelle grosse aventure encore indéterminée.





















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